Mercredi 2 Janvier 2036, le jour se lève sur la Médecine Nucléaire française. Le panorama a bien changé en 10 ans. Peu de spécialités ont connu une telle (R)évolution en une dizaine d’année. Une centaine de centres théranostiques publics et privés proposent des traitements radioactifs en métropole et dans les départements ou régions d’outre-mer.
Mr X est traité aujourd’hui en ambulatoire pour son cancer du pancréas. C’est sa première cure. Il est surpris. Il découvre la salle où il va être traité. Elle est grande, garnie d’une quinzaine de fauteuils confortables surmontées de pied à perfusion. Plusieurs patients sont déjà semi allongés en train de lire leur journal. Une manipulatrice est en train de discuter avec un patient, derrière un paravent mobile. Avant d’être traité, Mr X a été reçu par son médecin nucléaire référent dans un espace aménagé d’une dizaine de box de consultation. Il lui a été rappelé la très bonne tolérance du traitement. Le médecin a insisté sur les consignes de radioprotection lors de son retour à domicile à la fin de la journée, et sur les mesures à prendre s’il a des protections urinaires
Son traitement par perfusion n’a duré qu’une trentaine de minutes. Il attendra patiemment pendant plusieurs heures dans son fauteuil. Il discute ainsi avec d’autres patients. Certains sont ici pour traiter leur cancer de prostate, d’autres leur cancer du rein, du sein, du poumon, de l’ovaire, du colon par exemple. Il remarque que certains patients sont dans des box isolés jouxtant la salle commune de traitement. En fin d’après-midi, il est aussi prévu des imageries, il lui sera alors demandé de passer au préalable dans l’une des nombreuses toilettes reliées à un vaste réseau de tuyauterie et de cuves de stockage. Il sera encore surpris. Plusieurs caméras TEP et TEMP sont alignées et visiblement ont fonctionné toute la journée sur de longues plages horaires.
La RCP a été longue. Les équipes s’investissent beaucoup non pas par obligation mais par passion, sentiment d’être utile, d’être dans l’action au service des patients. Le métier a changé. 75 patients seront traités cette semaine. Plus d’une centaines d’autres patients seront vus en consultation d’inter cure. La Manipulatrice de Coordination a dû organiser les traitements, les consultations d’inter cure et les plannings d’imageries théranostiques. La complexité vient du fait de la multiplicité des cancers qui sont traités dans le centre. Les schémas thérapeutiques dépendent du cancer traité. Elle a appris que Mme Z n’allait pas bien. Elle sera hospitalisée dans des lits dédiés, gérés par la médecine nucléaire…
La superficie de la radiopharmacie a été récemment multipliée par deux pour répondre à l’afflux de patients. La salle de dosimétrie fourmille de physiciens et de MERs spécialisés qui quantifient la dose absorbée par les tumeurs et par les organes à risque. Ces procédures sont devenues obligatoires pour certains traitements, pas tous.
La recherche clinique et préclinique française en médecine nucléaire est leader en Europe. Beaucoup d’industriels ont investi en France. De nombreuses start up françaises proposent de nouvelles molécules émettrices beta ou alpha.
Beaucoup d’internes ont choisi la médecine nucléaire. Son coté mixte, très clinique et imagerie plait fortement. Ils sont les forces vives et continueront à booster notre spécialité.
L’année 2026 fut l’année charnière, celle ou la spécialité assuma son destin, celle où médecins
nucléaires, radiopharmaciens, physiciens des hôpitaux et manipulateurs en electroradiogie relevèrent
tant de défis…
Le conseil d’administration et le bureau du Conseil National de Médecine Nucléaire vous présentent
leurs meilleurs veux pour l’année 2026. Votre CNP reste mobilisé. Il porte votre parole auprès des
instances et tutelles. Vous l’avez compris, notre rôle est d’anticiper et de voir loin. Nos actions
principales seront de vous accompagner dans le DPC, la certification, l’audit par les pairs et le virage
théranostique.
Alors levons nous tous, clamons notre excellence et soyons les acteurs de notre futur !
Professeur Florent CACHIN
Président du CNP de Médecine Nucléaire
