Il s’agit de fonctionnaires titulaires, qui ont devant eux une carrière comportant trois classes :

  • une deuxième classe en trois échelons,
  • une première classe de six échelons,
  • une hors-classe de 6 échelons (accessible après avoir atteint le 4 eme échelon de la 1 ere classe et avec 5 ans d’ancienneté au minimum dans le corps).

Du point de vue financier, les indices de fin de carrière des M.C.U.-P.H. recoupent largement ceux des P.U.-P.H. en début de carrière. A titre indicatif et provisoire, le traitement universitaire mensuel brut (traitement principal seul) se situe dans une fourchette allant en 2008 de l’ordre de 2.100 à 4.400 € (au sommet de l’échelle-lettre du 6 ème échelon de la hors-classe).

1. RECRUTEMENT : QUI PEUT CONCOURIR ?

La procédure commence par la publication au J.O. des emplois vacants (cf. infra : 3/ ).

Ensuite, une première phase est réservée aux mutations. En effet, tout M.C.U.-P.H. peut demander sa mutation s’il est en fonction depuis plus de 3 ans dans le même C.H.U. La mutation est alors prononcée par le Ministre de la Santé et celui de l’Education Nationale après avis favorable du Conseil de l’U.F.R. et de la C.M.E. du nouveau lieu d’affectation. Dans le cas où la mutation est demandée avant trois ans de fonction dans le même C.H.U., elle ne pourra s’obtenir qu’après accord du Directeur de l’U.F.R. et du Directeur Général du C.H.R. où les candidats sont affectés, accord donné après avis favorable des deux instances précitées.

Hors mutation, lors de la deuxième phase, l’accès à un poste de M.C.U.-P.H. est dans chaque discipline conditionné par le succès à des concours nationaux qui sont de deux types.

Aux termes de l’article 48 du décret 84-135 du 24 Février 1984 modifié, peuvent faire acte de candidature aux concours de M.C.U.-P.H. :

  • concours de type I – Les A.H.U. et anciens A.H.U. de moins de 45 ans au 1er janvier de l’année du concours (disposition actuellement en débat), les P.H.U. et les P.H. doivent être en fonction depuis au moins un an et être titulaire d’un diplôme d’études et de recherches en biologie humaine (DERBH) ou d’un diplôme d’études approfondies (D.E.A.) ou Master 2 ou d’un doctorat d’Etat en biologie humaine ou d’un diplôme admis en équivalence ;
  • concours de type II – Les candidats n’appartenant pas aux catégories ci-dessus et titulaires d’un doctorat d’Etat ou du doctorat d’Université ou d’un doctorat de troisième cycle ou d’un diplôme de docteur ingénieur ou d’un diplôme étranger admis en équivalence. Le nombre de postes est plus limité (au plus un tiers des emplois mis au recrutement).

Il est à noter que les emplois de M.C.U.-P.H. en Biophysique, discipline biologique, n’exigent pas la qualité de Docteur en Médecine. Noter encore que les deux types de concours sont mutuellement exclusifs.

Quel que soit le type de concours, les candidats doivent adresser, outre les pièces justificatives établissant qu’ils remplissent bien les conditions de candidatures (diplômes notamment) un exposé détaillé de leurs titres et travaux au Bureau des concours dont ils dépendent.

Les candidatures sont alors examinées, selon des procédures précisées au décret 84-135 (article 52 notamment) par les sections compétentes du C.N.U. La sous-section 43-01 du C.N.U. « Biophysique et Médecine Nucléaire » est l’instance nationale qui examine les candidatures hospitalo-universitaires pour notre discipline. Elle dispose de l’exposé détaillé des titres et travaux du candidat et statue après audition de deux rapporteurs (rapport écrit déposé, appréciant les titres universitaires, travaux de recherches, fonctions d’enseignement, services hospitaliers rendus). Une présentation orale des travaux du candidat suivie d’une discussion avec les membres du jury est également inscrite dans les textes, de même qu’un exposé « destiné à évaluer les aptitudes didactiques du candidat sur un thème fixé par le jury en rapport avec ses travaux personnels ». Le jury transmet ensuite au Ministère la liste par ordre alphabétique des candidats admis. Ceux-ci peuvent être au maximum en nombre égal aux postes à pourvoir plus deux.

Chaque candidat porté sur la liste peut postuler à un ou plusieurs emplois. Les candidatures sont examinées par les Conseils des U.F.R. et les C.M.E. concernés qui transmettent à leur tour leur avis aux Ministères (respectivement de l’Education Nationale et de la Santé). Il appartient ensuite aux Ministres de procéder conjointement aux nominations en tenant compte éventuellement (ils n’y sont en rien obligés, mais c’est le cas général) des avis formulés.

Si un premier tour ne remplit pas les postes offerts, un deuxième tour de nominations a lieu.

Le cas des M.C.U.-P.H. Associés est examiné avec celui des P.U.-P.H. Associés (VI.2).

2. DÉROULEMENT DE CARRIÈRE

Les M.C.U.-P.H. sont tout d’abord nommés en qualité de « stagiaires » pendant un an. Ce n’est pas forcément une simple formalité car il peut arriver qu’à l’issue de ce délai, des problèmes se soient révélés, par exemple avec le Chef du Service d’accueil. De toutes façons, ce dernier adresse sur le stage effectué un rapport détaillé au Conseil de Gestion de l’U.F.R. et à la C.M.E. qui statuent avec voix consultative.

Le stagiaire est ensuite soit titularisé (cas le plus fréquent), soit “admis à effectuer une dernière année de stage, soit réintégré dans son corps d’origine, soit licencié” (art. 54 du décret 84 135 du 24 février 1984).

Pour les M.C.U.-P.H. titulaires, la carrière est ensuite marquée, comme c’est classique dans la fonction publique, par un avancement à l’ancienneté ou au choix (dans ce dernier cas, sur présentation de dossiers de titres et travaux à la section compétente du C.N.U.).

Rappelons qu’un M.C.U.-P.H. est avant tout un salarié de l’Education Nationale, puisqu’il ne touche qu’une indemnité de la part de son administration hospitalière . Par ailleurs, les promotions universitaires sont distinctes des avancements hospitaliers qui ne se font qu’à l’ancienneté.Signalons toutefois que des dispositions récentes ont été prises pour remédier à l’absence de retraite sur la part hospitalière des hospitalo-universitaires. Depuis 2007, l’employeur participe à un plan épargne retraite par point souscrit volontairement par le MCU-PH (il s’agit de contrats répondant à des critères bien précis). Sa participation est plafonnée à 5 % des émoluments hospitaliers annuels et elle est soumise à la production d’un justificatif des versements effectués par le praticien. (décret 2007-527 d’application de la loi 2006-640, article 112)

Comme déjà indiqué, le corps des M.C.U.-P.H. comprend trois catégories, la seconde et la première classes et une hors-classe. Chaque classe comporte plusieurs échelons, trois pour la seconde, six pour la première et six pour la hors-classe.
Les changements d’échelon ne se font qu’à l’ancienneté, jamais au choix.
En revanche le changement de classe est contingenté, cela veut dire qu’il n’est pas automatique et que le C.N.U. aura à se prononcer sur son bien-fondé. Dès l’instant où vous accéderez au 2ème échelon de la 2nde classe, votre administration vous fera parvenir les imprimés à remplir pour demander votre passage en 1ière classe. De même, la demande de passage à la hors-classe n’est recevable que si le candidat est au 4ème échelon de la 1ère classe. Pour ces choix, il est conseillé de fournir un dossier nettement plus complet que le simple imprimé administratif, reprenant pour le passage à la hors-classe l’ensemble de la carrière.

Votre demande sera d’abord présentée au Conseil restreint de l’U.F.R., amené à émettre un avis (favorable ou défavorable) qui sera transmis au C.N.U..
Les promotions se déroulent selon le tableau suivant :
Avancement : Ancienneté minimum requise dans le niveau actuel
2ème classe:
Du 1er au 2ème échelon 2 ans
Du 2ème au 3ème échelon 2 ans et 10 mois
1ère classe :
Du 1er au 2ème échelon 2 ans et 10 mois
Du 2ème au 3ème échelon 2 ans et 10 mois
Du 3ème au 4ème échelon 3 ans et 6 mois
Du 4ème au 5ème échelon 2 ans et 10 mois
Du 5ème au 6ème échelon 2 ans et 10 mois
Hors classe:
Du 1er au 2ème échelon 1 an
Du 2ème au 3ème échelon 1 an
Du 3ème au 4ème échelon 1 an
Du 4ème au 5ème échelon 1 an
Du 5ème au 6ème échelon 5 ans
Votre dossier et l’avis du conseil d’U.F.R. seront ensuite communiqués aux rapporteurs, un membre rang B du C.N.U. défendra votre dossier lors de la session des promotions. Les critères retenus portent principalement sur les activités du candidat depuis sa nomination, non sur ses titres ou travaux antérieurs. Votre promotion vous sera signifiée par le service du personnel de votre Faculté.

Remarques :

  • Il faut considérer le tableau ci-dessus avec soin et savoir que l’avancement, même au choix, dépend d’une certaine ancienneté dans le grade comme de la qualité des titres et travaux exposés. Sauf conditions exceptionnelles, il convient de ne pas encomber inconsidérément le C.N.U. par des demandes prématurées. Par exemple, il est expressément prévu que les promotions à la première classe ne concernent que les M.C.U-P.H. ayant atteint au moins le 2ème échelon de la 2ème classe. De même, la promotion à la “hors-classe” (dont l’effectif ne peut d’après les textes dépasser 8% du total du corps), ne peut concerner qu’un M.C.U.-P.H. parvenu au 4ème échelon de la 1ère classe, ayant accompli au moins 5 ans de services et s’étant remarquablement distingué.
  • Ceci dit, la carrière de M.C.U.-P.H. comporte des émoluments dont le montant est supérieur en fin de carrière à ceux des P.U.-P.H. durant les années qui suivent leur nomination. Ils exercent des responsabilités qui peuvent être très importantes. Il s’agit donc, non pas d’une simple antichambre en attendant d’être nommé rang A, mais d’une véritable carrière de titulaire hospitalo-universitaire de haut rang.

3. LES ÉTAPES DE LA NOMINATION

Il ne suffit pas d’être candidat, encore faut-il qu’un poste ait été mis au recrutement !

Et pour cela, au moins que sa demande ait été effectuée. S’agissant d’un emploi hospitalier et universitaire cette demande est faite conjointement par le responsable universitaire et par celui du service hospitalier concerné. Ces demandes sont distinctes, les deux composantes du poste pouvant dépendre de responsables différents.

Les demandes sont examinées par les Commissions des Effectifs respectives (Faculté et Hôpital). Même s’il est d’usage que la demande de poste soit anonyme, les commissions seront de fait informées du nom du candidat pressenti, elles examineront le dossier (cf. infra : le dossier) et entendront l’avis d’un ou de plusieurs rapporteurs (cf. infra : les rapporteurs).

Outre les caractéristiques scientifiques et humaines du candidat, seront pris en compte les projets pédagogiques et médicaux locaux, la situation et les effectifs de la discipline pour la Faculté, l’activité du service hospitalier et surtout l’existence d’un poste budgétaire M.C.U.-P.H. vacant par promotion au rang de P.U.-P.H. de son titulaire ou par son départ à la retraite, ou encore, très exceptionnellement de la création d’un poste fléché. Il n’est pas indispensable que le poste provienne de la même discipline, mais le redéploiement d’un poste sous-entend négociation entre les différentes disciplines concernées et le Doyen.

Si la discipline ne peut disposer d’un poste libre de M.C.U.-P.H., l’échange du poste d’A.H.U. pour favoriser un redéploiement d’un poste M.C.U.-P.H. peut être demandé auprès de la Faculté et de la C.M.E.. Cette disposition, apparemment confortable, est en réalité restreinte du fait d’un plus grand nombre de poste de M.C.U. sur ceux d’A.H.U..

Il est essentiel de savoir que les instances (Conseil de Faculté et C.M.E.) examinent les demandes toutes disciplines confondues et les classent obligatoirement par priorité.

Une Commission Paritaire à laquelle participent les instances universitaires et hospitalières se charge ensuite d’établir l’adéquation entre les différents classements et transmet la liste des demandes aux deux Ministères de tutelle (Enseignement Supérieur et Santé). Cette étape se déroule habituellement en septembre (révision des effectifs).

Une fois l’attribution décidée par le Ministère, les emplois disponibles sont publiés au Journal Officiel.

Un M.C.U.-P.H. déjà en place dans un autre établissement et appartenant à la même discipline peut demander alors sa mutation sur ce poste. Il lui faudra obtenir l’accord du Conseil d’U.F.R. et de la C.M.E de l’établissement d’accueil.

Si le poste n’est pas pris au tour de mutation, un concours de recrutement est alors ouvert et publié au J.O. C’est à ce moment qu’est définitivement connu le type de concours (I ou II) auquel est rattaché le poste. Il faut alors que le candidat dépose un dossier en plusieurs exemplaires destinés aux membres du jury du C.N.U., dont deux dossiers complets pour les rapporteurs (cf. infra : les rapporteurs). Rappelons qu’aux termes de la loi, seuls les candidats satisfaisant les conditions administratives pour un type donné de concours peuvent s’y présenter.

Ce parcours du combattant n’a rien de spécifique : il s’applique à toutes les demandes de postes hospitaliers et universitaires.

4. LA PRE-AUDITION DU CNU

Du fait du fonctionnement des instances universitaires et hospitalières qui vient d’être décrit, le CNU de Biophysique ne peut jouer pleinement son rôle qu’à condition de connaître les candidats en amont des décisions des conseils de faculté et d’hôpital. C’est pourquoi une pré-audition des candidats pressentis a été mise en place en 2007. Le candidat doit s’y présenter à l’automne précédant la révision des effectifs où se fera la demande de poste. Le CNU peut ainsi accompagner les équipes dans leur prospective d’emploi, assister les candidats dans leurs choix de formation ou d’insertion dans une équipe de recherche et identifier très tôt les problèmes éventuels.

L’identification des candidats deux ans avant leur nomination peut être plus difficile pour les MCU. Les chefs de service sont invités à ne pas hésiter à présenter des candidats, même en l’absence de certitude sur l’ouverture des postes.

La pré-audition se veut « informelle ». Chaque candidat est invité à présenter, en 10 mn et en format powerpoint, son profil et la situation locale. La présence de son « patron » est vivement souhaitée pour la discussion qui suit cette présentation. Les collègues biophysiciens qui souhaitent assister à cette pré-audition sont les bienvenus, même s’ils ne sont pas candidats ou ne présentent pas un candidat cette année là.

5. LE DOSSIER

Nécessaire à plusieurs des étapes que nous venons de présenter, le dossier doit donc être préparé plus d’un an avant le concours proprement dit. Sa rédaction est laissée à la libre initiative du candidat, mais quelques règles de base facilitant le travail des rapporteurs méritent d’être recommandées, voire suivies.

En premier, le candidat présente son état civil, il énumère ensuite dans l’ordre chronologique d’une part les titres et les fonctions hospitalières exercées et d’autre part les diplômes universitaires obtenus, en faisant bien ressortir les éléments directement liés à la Biophysique. L’intitulé exact des diplômes est précisé. Le candidat rappelle ensuite sa situation actuelle, en particulier la date exacte de prise de fonction pour les A.H.U. et les éventuels changements intervenus. Viennent ensuite les trois chapitres : enseignement, activité hospitalière, recherche.

Pour l’enseignement, indiquez la nature des cours (EM, ED ou TP) effectués, le volume horaire annuel en mentionnant le nombre et le niveau de ceux auxquels ils s’adressent et depuis quand vous les assurez. Il est préférable de distinguer les enseignements universitaires à la Faculté de Médecine de ceux effectués dans d’autres Facultés voire en dehors de l’Université.

Pour l’activité hospitalière, présentez et développez par thèmes les différents pôles d’intérêt, les collaborations établies et les domaines de l’activité de routine. Parlez des résultats obtenus avant d’aborder les développements envisagés. Insistez sur les originalités.

Le volet le plus important du triptyque doit être réservé aux activités de recherche. Ne vous limitez pas à une simple liste de vos travaux. Présentez pour chaque domaine une synthèse des buts poursuivis et des moyens mis en œuvre. L’exposé doit être rigoureux mais accessible, vos rapporteurs n’étant pas toujours des spécialistes de votre domaine. Evitez les sigles trop nombreux, ou non définis. D’une manière générale, utilisez les mêmes critères que pour une publication. Référencez vos publications dans le corps de l’exposé écrit.

Les publications doivent être ordonnées selon les rubriques : publications dans des revues internationales à comité de lecture, publications dans les autres revues scientifiques, publications dans des revues d’intérêt général, publications à caractère didactiques, ouvrages (collectifs ou non), communications dans des congrès internationaux (en précisant orales ou affichées), autres communications (orales ou affichées) collaborations avec l’industrie, brevets, contrats. Leur classement est établi au choix du candidat : ordre chronologique et/ou thématique. Il est bien entendu de l’intérêt de son candidat de présenter l’intégralité de ses publications, toutefois un juste équilibre est à faire entre les publications de premier et de second rang. Il est utile que le candidat mette en évidence en un paragraphe isolé une liste de la dizaine de publications qu’il aura sélectionnées comme étant les plus représentatives de ses travaux.

Enfin, un bref exposé d’éventuelles responsabilités administratives ou collectives est bienvenu : il souligne l’insertion du candidat.

Si beaucoup d’éléments du dossier sont indispensables dans tous les cas, il peut être judicieux de préparer une version différenciée du dossier selon chacune des instances, universitaire, hospitalière ou pour le jury du C.N.U.. Ceci facilitera la tâche de vos rapporteurs et pourra être un élément favorable supplémentaire.

6. LES RAPPORTEURS

Nous avons déjà évoqué la possibilité que des rapporteurs soient désignés par les Commissions des Effectifs (Faculté et/ou Hôpital). Selon les sites, ces rapporteurs entreront en contact ou non avec vous. Pour la Faculté, le rapporteur a à sa disposition, en plus de votre dossier, une demande argumentée du poste par le responsable de la discipline qui définit les objectifs de son enseignement, présente l’effectif du personnel enseignant en activité, précise le profil du poste qu’il sollicite et indique le nom du candidat pressenti pour ce poste. Pour l’Hôpital, on demande au Chef de Service d’exposer les objectifs médicaux de son service, de rappeler l’effectif médical et ses occupations et de fournir les indices d’activité de son service (nombres d’actes effectués, prix de revient moyen, comparaison avec d’autres services…).
Aujourd’hui l’accord du Chef de Pôle est nécessaire à cette étape.

Il est donc utile de bien situer vos travaux par rapport à ceux effectués dans votre structure, tant au plan de l’enseignement que des fonctions hospitalières, (même si les demandes de création du poste ne sont pas supposées nominatives).

Venons-en maintenant au rôle des rapporteurs pour le C.N.U..

Deux rapporteurs, membres du jury du C.N.U., sont désignés pour chaque candidat par le Président de la sous-section du C.N.U. et le représentant des rangs B de la discipline. Un Professeur et un Maître de Conférences sont désignés, ils ne dépendent jamais de la même Faculté que le candidat. Leurs noms et coordonnées vous seront communiqués. C’est à eux que doit être envoyé le dossier complet avec l’ensemble des pièces justificatives ; vous pourrez y joindre copie des articles sélectionnés. Souvent ils se déplaceront sur le site et demanderont à vous rencontrer. Ils doivent en effet disposer du maximum de documents et d’informations afin de juger de toutes les facettes de vos activités.

Ces entretiens permettront aux rapporteurs d’exposer au jury les caractéristiques principales de votre dossier et de rédiger par écrit un avis justifié sur votre candidature.

7. QUELQUES CRITERES DE JUGEMENT DU CNU (LISTE NON EXHAUSTIVE)

  • Il est important que le candidat, conscient qu’il postule sur un poste d’enseignant en Biophysique, mette en valeur dans son dossier sa formation de base dans la discipline et sa participation à son enseignement (ED et TP pour les MCU, cours magistraux éventuels). Si le candidat vient d’une autre discipline, les motifs de son choix, ses collaborations avec l’équipe locale et sa participation à la vie de la discipline seront examinés avec soin.
  • Le Doctorat d’Université n’est pas obligatoire mais il est souhaitable de justifier d’un travail de recherche en lien avec la discipline.
  • Le nombre de publications exigées dépend à l’évidence du cursus du candidat et de son affectation préalable. Leur qualité, la place du candidat parmi les auteurs et le lien avec la discipline sont prises en compte. Le facteur d’impact n’intervient pas en tant que tel, sa valeur dépendant fortement de la discipline, mais il est bien sûr conseillé de publier dans les meilleurs journaux de la discipline ou des disciplines cliniques concernées. Une participation au journal de la SFMN est appréciée (revues, articles didactiques). Les communications orales en premier auteur dans des congrès internationaux témoignent de la capacité du candidat à s’exprimer en public (et en anglais).
  • Pour un candidat médecin, travaillant dans un service de médecine nucléaire mais non spécialiste, l’inscription aux enseignements dispensés dans le cadre du DES à l’Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires (INSTN) à Saclay est très vivement recommandée. Elle peut actuellement être demandée dans le cadre de la procédure de « reconnaissance des acquis en vue d’un changement de spécialité ». Pour un changement de spécialité et la prise en compte d’acquis professionnels, le candidat doit d’abord témoigner de son intérêt pour la spécialité en justifiant d’une pratique au minimum équivalente à 12 mois d’activité plein temps couvrant une activité généraliste dans un ou plusieurs services de médecine nucléaire. Ce préliminaire est validé par un entretien oral du candidat avec un jury national désigné par le Conseil National d’Enseignement du DES, jury qui examine en particulier l’aptitude du candidat à interpréter 3 cas cliniques simples (tomoscintigraphie myocardique, scintigraphie osseuse, scintigraphie pulmonaire, scintigraphie thyroïdienne et scintigraphie rénale).Cette étape constitue le pré-requis à l’inscription aux enseignements dispensés dans le cadre du DES de médecine nucléaire à l’INSTN. Le candidat aura, si nécessaire, à compléter sa formation à l’équivalent de deux ans temps plein de stages effectués dans au moins deux services de médecine nucléaire. Les compétences ainsi acquises seront sanctionnées par :
  1. le contrôle des connaissances sous forme d’un examen national, écrit et anonyme, validant les enseignements des UV1-3, avec une possible session de rattrapage,
  2. la validation des stages sera garantie par le coordonnateur interrégional,
  3. la présentation d’un mémoire, rédigé sous la forme d’un article soumis à la revue de Médecine Nucléaire, et soutenu oralement devant un jury national, désigné par le Conseil National des Enseignements du DES, qui interroge le candidat sur l’ensemble de la spécialité, validant ainsi l’ensemble des UV4-7. Comme les DES de médecine nucléaire, l’étudiant doit valider 5 optionnels parmi la liste représentant l’UV8. In fine, le jury national transmet ses conclusions auprès des autorités compétentes.

Pour un candidat non médecin, il est nécessaire de démontrer son implication en Biophysique et /ou en médecine nucléaire, ou dans des spécialités connexes : recherche en Imagerie par Résonance Magnétique, Biophysique sensorielle, Radiopharmacie, Radiophysique. Le CNU risque d’être plus exigeant sur la formation de base et les publications pour ces candidats atypiques, qui doivent par ailleurs être informés qu’ils ont peu de chances de devenir un jour PU-PH en Faculté de Médecine.

8. LES USAGES

Votre dossier doit être adressé aux membres des différentes commissions (Faculté et Hôpital). Le principe d’une visite de présentation est une affaire d’usage local. Renseignez-vous auprès de votre responsable pour juger de son opportunité, voire de l’ordre de préséance à respecter pour ces visites. Il y a souvent un représentant de votre discipline dans ces différentes instances, n’hésitez pas à le contacter, il est justement là pour vous informer.

Ne négligez pas d’interroger le service du personnel de la Faculté, en particulier pour être informé des dates et délais à respecter dans le dépôt des différentes pièces administratives.

9. LES MODALITES D.U. CONCOURS

Vous serez averti de la date, de l’heure et du lieu du concours par le Président du C.N.U..

Le jury est constitué de 18 membres, 9 de rang A, 9 de rang B titulaires. Les deux tiers sont élus lors d’un scrutin national, le tiers restant est nommé par le Ministère en charge de l’enseignement supérieur.

Vous viendrez le jour du concours avec tous les documents numériques vous permettant de faire une présentation claire de vos titres et travaux et des documents concernant vos différents sujets de recherche.
Deux heures avant votre exposé, le président du CNU ou son représentant vous remettra une enveloppe contenant une question proposée par vos rapporteurs, et portant sur l’un de vos sujets de recherche. Vous serez ensuite installé au calme pendant deux heures pour préparer vos deux présentations de 15 mn chacune, la forme électronique étant recommandée. Votre exposé de titres et travaux reprendra les principaux thèmes du dossier décrit plus haut, et précisera votre insertion dans l’équipe où le poste est demandé. L’exposé didactique a pour but, non de tester vos connaissances puisque le sujet est directement en rapport avec vos travaux, mais de juger vos qualités didactiques. Il n’est pas nécessaire de reprendre les bases élémentaires, mais il faut insister sur les aspects les plus originaux ou les plus prometteurs de vos travaux. Pensez à équilibrer commentaires et documents, et à simplifier l’exposé de vos thèmes de recherche dans le premier exposé, puisqu’une partie sera présentée dans le second exposé. Calculez correctement votre temps de parole, ni trop long ni trop court !

A l’issue de cette présentation, les membres du jury pourront vous poser des questions sur un point particulier de votre travail ou sur ses prolongements.

Le jury délibérera en dehors de votre présence et un vote obligatoirement à bulletin secret concrétisera les opinions de chacun. Dernière attente : il est d’usage que tous les candidats se soient présentés avant que les résultats ne soient rendus publics.

10. L'ULTIME ETAPE : LA NOMINATION

Ça y est, vous venez d’entendre le Président du C.N.U. vous déclarer apte aux fonctions que vous convoitiez. Félicitations ! Toutefois, vous n’avez pas encore votre nomination en poche. En effet, vous êtes nommé, non par le C.N.U., mais par un décret des Ministres après avis du Conseil d’U.F.R. et de la C.M.E. dont dépend le poste et qui doivent auparavant examiner votre candidature. Ces Conseils se tiennent généralement en juin, soit deux mois avant la prise de fonction prévue au 1 er septembre. Il n’est pas habituel que le candidat se présente lui-même à ces réunions, il y est représenté si besoin par le responsable local de sa discipline. Souvent simple formalité quand le candidat est issu de la faculté puisque les Conseils ont déjà eu l’occasion d’étudier son dossier, cette étape devient essentielle quand le candidat vient de l’extérieur. Exceptionnellement, la loi prévoit que le jury du C.N.U. puisse reconnaître aptes plusieurs candidats concourant pour un même poste (certaines limitations sont toutefois prévues).

Il revient alors au Conseil d’U.F.R. et à la C.M.E. réunis en Conseil restreint aux membres d’un rang au moins égal à celui postulé, aidés de rapporteurs, de départager ces candidats et de soumettre leurs avis aux Ministères.

Ce n’est qu’au terme de toutes ces épreuves que vous recevrez, parfois longtemps après, votre arrêté de nomination. Toutefois, l’administration étant toujours plus prompte à prendre qu’à donner, prévoyez un délai avant de commencer à pouvoir dépenser votre salaire.

Vous êtes alors nommé pour une période probatoire d’un an, au bout de laquelle, d’abord la C.M.E., puis le Conseil d’U.F.R. réexamineront votre dossier. Le(s) responsable(s) universitaire et hospitalier, présentera le bilan de votre année d’activités, en enseignement, en recherche et à l’hôpital. Des rapporteurs seront éventuellement désignés. Si votre activité était jugée insuffisante par l’une ou l’autre des instances, il est prévu dans les textes que vous restiez stagiaire une année supplémentaire pour satisfaire à vos obligations, avant d’être réintégré dans votre corps d’origine ou définitivement écarté.